DRAME   DU  HEYSEL

 

160505_Une_30_mai.jpeg (14961 octets)Nous sommes le 29 mai 1985 et la Juventus s'apprête à affronter Liverpool en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions au Heysel. Les fanatiques de football sont tous devant leur télévision et ils ne savent pas encore qu'une des plus grandes tragédies de l'histoire du football va venir gâcher la victoire de la Juventus.

Ce mercredi-là, plus de 60 000 personnes doivent assister à ce qui est présenté comme "la finale du siècle". Mais la tension entre les supporters anglais et italiens est palpable très tôt dans la journée.

Une heure avant le coup d'envoi, les évènements commencent malheureusement à dégénérer. Contre toute logique, des supporters des deux équipes ont été placés dans des blocs de tribunes contigus, seulement séparés par des grilles. Les Anglais chargent vers les gradins adverses. Les quelques gendarmes postés dans le couloir de séparation sont très vite débordés. Vers 19h20, une centaine de Britanniques répète l'assaut. Sous la poussée, bombardés de projectiles, les Italiens se replient vers l'autre extrémité de la tribune. En bas, les portes donnant accès à la pelouse, seule issue possible, sont fermées. Pour éviter le combat, les Turinois se réfugient contre un mur. Mais le béton d'un demi-siècle n'était pas en parfait état et s'effondre sous la pression. Les policiers et les gendarmes à cheval interviennent trop tard pour repousser les Britanniques dans leur tribune et faire évacuer le terrain. Des dizaines de corps jonchent les gradins. Les premières équipes médicales se portent au secours des victimes.heysel1.jpg (74239 octets)

De chez eux, les spectateurs sont pétrifiés, personne ne s'attendait à un évènement aussi tragique. En direct, les télévisions diffusent des images horribles qui montrent des gens écrasés, qui se débattent pour sortir de là. Beaucoup de gens ont d'ailleurs été choqués et n'oublieront jamais.

Entre-temps, l'UEFA, pour qui un report de match aurait risqué de raviver la violence, a décidé de faire jouer la rencontre. Vers 21h30, les capitaines (Phil Neal et Gaetano Scirea) lancent un appel au calme et, peu après, les deux équipes entrent sur le terrain. Mais les joueurs ne se rendent pas encore compte de ce qui vient de se produire.

heysel2.jpg (29854 octets)La Juventus l'emporte 1 à 0 sur un penalty de Michel Platini. Depuis ce soir-là, le Français, "psychologiquement et physiquement incapable de revenir un jour" au Heysel, a toujours refusé de remettre les pieds dans l'enceinte bruxelloise, depuis reconstruite et rebaptisée stade Roi Baudouin.

Peu avant minuit, le ministère de l'intérieur belge annonce un bilan de 38 morts. Un des blessés décèdera quelques semaines plus tard pour fixer le nombre des victimes à 39. Plus de 600 personnes ont été blessées.

l'Union belge de football et les responsables politiques du pays ont été sévèrement montrés du doigt pour la mauvaise organisation de la rencontre et des secours. Mais la tragédie a surtout suscité une prise de conscience sur le hooliganisme et eu pour conséquence l'exclusion des clubs anglais des compétitions européennes, jusqu'à la saison 1990-1991.

Les clefs du drameheysel3.jpg (26878 octets)

Il est toujours difficile de refaire l'Histoire. Mais accorder la finale de la C1 au vieux stade du Heysel n'était pas forcement opportun. On apprit plus tard que le cahier des charges, imposé par l'UEFA, n'avait pas été respecté, et que sur les 2000 policiers demandés, les autorités belges n'en avaient convoqué que... 300 dont seulement 80 pour faire " respecter la loi " dans le virage où se produisit le drame. Le reste est connu, mélange des supporters des deux clubs, vente de faux billets et un nombre de spectateurs beaucoup trop important dans le Bloc Z du stade du Heysel. Au fil des minutes, les affrontements verbaux se transformèrent en agressivité et d'un coup survint le drame ! Les uns après les autres, les spectateurs tombèrent et se firent piétiner. En moins de cinq minutes, des dizaines de corps jonchèrent les gradins. 39 morts et plus de trois cent blessés. La bêtise, l'horreur, la honte...

 

"C'est une blessure profonde dont on ne guérit jamais. (...) Près de 20 ans après, c'est un poids. On ne peut plus jamais dire que tout sera comme avant après un drame pareil", a estimé celui qui avait inscrit l'unique but de la rencontre